Un cancer mon amour (décembre 2008)

Epuisé (à moins que ce ne soit son éditeur qui le soit…), PDF livré sur demande

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Critique publiée dans Le Soir (Samedi 11 juillet 2009)

« Un cancer, mon amour » : le poids de l’apparence

VANTROYEN,JEAN-CLAUDE

Samedi 11 juillet 2009

Comme ce titre fait sérieux, empesé, lourd et grave. Alors que le roman d’Aline Kriek ne l’est pas du tout. Il est enlevé, plein d’ironie et de clins d’œil, d’humour même quelquefois malgré le sujet. Le cancer ? Oui, bien sûr, puisque Victor annonce à sa femme Mathilde que le crabe l’a chopé. Mais le roman n’y voit qu’un prétexte pour parler d’autre chose : l’apparence, le faux-semblant sinon même la supercherie. Car Victor surfe sur la maladie. Mathilde et lui se rapprochent. Il écrit un roman sur sa vie de mort en sursis. Il a du succès. Il est devenu quelqu’un d’autre. Et c’est bien ce regard différent que les autres portent sur lui, depuis qu’il est malade, qui intéresse Victor, et donc Aline Kriek. La nouvelle signée Victor Etienne qui accompagne le roman, donne d’ailleurs une clé : Franck, le géant nain, grandit ou rapetisse selon qu’il est adulé ou méprisé.

Ce roman est une réussite. Parce qu’il joue avec le cancer, Victor, sa famille, ses amis et ses lecteurs, c’est-à-dire nous. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on le croit. Les gens non plus. Ils sont prêts à tout pour épater. Voyez Victor.

Aline Kriek ? Le revers du livre annonce qu’elle est morte, à 41 ans, d’un cancer. Pathétique. « J’ai poussé la logique jusqu’au bout, avoue Olivier Bailly, l’écrivain de 35 ans qui a écrit ce roman sous le pseudo d’Aline Kriek. J’ai semé des indices pour qu’on comprenne que la supercherie est omniprésente. Victor écrit sur son cancer, Aline est morte d’un cancer. Je voulais que les lecteurs voient que le roman se poursuit jusqu’au quatrième de couverture. Là, je me suis trompé : ils n’y ont vu que du marketing. Ce n’était pas du tout mon intention. » Quoi qu’il en soit, ce roman sur la supercherie n’est pas du tout une supercherie. Il tranche dans le ronron de l’édition.

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