Coupeur de feu (part 1)

Je suis imperméable aux médecines traditionnelles qui modifient nos flux d’énergie sans toucher les corps. Je n’ai pas cru une seconde à l’apocalypse maya, je ne relève pas le numéro des marabouts qui veulent me rendre fortuné. Bref, tous les phénomènes paranormaux me laissent circonspect.

Par ailleurs, cet article n’a été écrit sous l’influence d’aucune drogue (à tout le moins endéans les 15 jours avant écriture).

Ceci étant dit, tout ce qui se trouve dans ce récit est le reflet le plus sincère des faits qui se sont déroulés (pas de la réalité-vérité remasterisé à la Marcela Iacub ou du journalisme romanesque avec BHL. On ne badine pas avec le monde).

Les coupeurs de feu

Ce 6 février 2013, dans la cuisine. Ma sœur, mon épouse. Bientôt des invités pour une réunion de la fête de la rue.

Mon épouse, dont je souligne ici le dévouement pour me trouver des sujets d’article, prend l’initiative, déconcertante, de se renverser de l’eau bouillante sur la main gauche.

Belle preuve de dévotion de la part de mon épouse dans la recherche de sujets d'article.

Belle preuve de dévotion de la part de mon épouse dans la recherche de sujets d’article.

Ma sœur et moi-même, distraits par notre conversation, nous apercevons des dégâts en voyant Mad(eleine), la larme à l’œil, la main sous l’eau froide du robinet. Elle lâche un « j’en ai marre… » entre deux sanglots hoquetés. Deux mois avant, elle venait de s’éclater le genou, droit lui aussi.

Je cours chez ma voisine, sollicite compresses et pommade. Elle redescend de sa pharmacie avec ces produits pour soigner et me tend par ailleurs un bout de papier. « Appelle-là. C’est une coupeuse de feu. Elle stoppera le mal ».

Je précise qu’excepté un compost urbain, je ne connais pas d’excentricité de la part de cette voisine qui pourrait me faire douter de sa santé mentale (excepté le compost donc).

Rapidement revenu, Mad applique les premiers soins, traditionnels. Je lui tends le numéro de téléphone, insiste. Ma sœur se marre. Mad, incrédule, téléphone.

–       Euh, bonsoir, une amie m’a donné votre numéro. Je viens de me brûler et il paraît que vous arrêtez, enfin que vous pouvez stopper le feu à distance, enfin la douleur…

Je crois qu’au moment où elle parle, mon épouse saisit tout le ridicule de la situation…

Mais à l’autre bout du fil, Pascale confirme. Elle soigne la douleur. Elle barre le feu. Elle demande le prénom de mon épouse, elle demande à quel endroit elle s’est brûlée. Et comme si nous venions de commander une pizza, nous serons livrés d’ici 40’. La douleur partira. Mad doit rappeler si ce n’est pas le cas.

Ah bon ? Et c’est tout ? C’est tout. Mad raccroche.

Quarante minutes plus tard, la douleur lancinante n’a pas quitté la main à présent marquée d’une coulée rouge, le passage de l’eau ébouillantée. Mad rappelle. Pascale pense alors qu’il s’agit d’une brûlure au second degré. Il faut donc qu’elle fasse une seconde fois son office. Brûle au 2e degré = 2x les soins. La médecine parallèle a le mérite de la simplicité.

Il est alors 20h. Les voisins vont arriver. Mad se retire prendre un bain. Une demi-heure plus tard, je remonte chercher des documents, passe la tête dans l’entrebâillement de la porte de la salle de bain. Comment va la main ?

Mad arrête de lire, s’étonne de ne pas s’être posée la question, regarde sa main rougie. Elle ne sent plus aucune douleur.

Cette douleur ne reviendra pas. Après quelques discussions avec des membres du corps médical (et même si leur avis ne se porte pas sur la brûlure précise de Mad), toute brûlure génère des douleurs pendant quelques jours, le temps que les tissus se régénèrent.

Certes, mon épouse avait pris des calmants. Mais ni le lendemain, ni les jours suivants, la douleur n’est revenue.

Dingue…Depuis que le Standard a été champion en 2008, je reste méfiant mais cependant ouvert aux phénomènes paranormaux. Je lance l’article que vous lisez actuellement.

Je contacte le réseau IRIS Sud, différents hôpitaux bruxellois mais aucun ne me signale travailler avec ces coupeurs de feu. L’hôpital des grands brûlés de Neder-over-Hembeek promet de me rappeler et ne le fera jamais (un classique des journalistes).

Sur le net, je trouve la thèse étonnante de Nicolas Perret : « Place des coupeurs de feu dans la prise en charge ambulatoire et hospitalière des brûlures en Haute-Savoie en 2007 ».

On y lit que dansa le coin d’Annecy, Annemasse et Thonon-les-Bains (à la frontière suisse), le corps médical et des patients sont réceptifs à l’intervention des coupeurs (ou barreurs) de feu.

Sur 149 patients brûlés, 82% croient le l’efficacité des coupeurs de feu. Sur les 134 (sur 177) soignants de trois services d’urgences qui ont accepté de remplir son questionnaire,  plus des 2/3 estiment l’efficacité des coupeurs de feu sur la douleur « forte » ou « totale ». Concernant la collaboration des coupeurs de feu aux urgences, il sont 81% à la considérer comme souhaitable (61%) ou indispensable (20%).

Le lien entre les types de soins est par ailleurs officialisé dans un protocole de prise en charge des brûlures dans le service des urgences d’Annecy, précisant qu’ « il est possible de faire appel à un « coupeur de feu » avec l’accord du patient. Cet appel ne doit en aucun cas retarder les soins traditionnels. Coordonnées des coupeurs de feu en dernière page. »

Et sur l’efficacité ?

111 patients sur 173 ont eu recours à un coupeur de feu, et 92 ont répondu à la question sur l’évaluation de la douleur après l’intervention du coupeur de feu.

70 d’entre eux ont donné une note au coupeur de feu. Les notes supérieures ou égales à 7 représentent la majorité (53, soit 76% des réponses) alors que les huit notes cotent l’intervention en dessous de 5 (soit 11 %).

Devenu depuis médecin, le thésard Nicolas Perret n’hésite pas à en parler à ses patients, si nécessaire. « J’y suis assez favorable. Les gens que j’ai rencontrés sont très humbles, ce sont des personnes de grande qualité. »

Outre les coupeurs de feu, il a également pris connaissance des coupeurs de sang qui bloquent les hémorragies dans le cadre de saignement de nez, d’hémorragie digestive, ou lors d’une délivrance. Faut-il pour autant intégrer ces ‘soigneurs’ dans le réseau de la médecine traditionnelle ? « Je pense que bien que cela reste dans un réseau parallèle et que des passerelles se créent. Le discours médical et le discours magique n’ont rien de commun. C’est un recours d’un autre ordre que l’on doit préserver. Si on le sort de son contexte, je pense qu’on pourrait perdre son efficacité symbolique. »

Nicolas Perret est à deux pas de la Suisse, autre patrie accueillante pour les coupeurs de feu.

Mette Berger, Coordinatrice au Service de Médecine Intensive Adulte & Brûlés du CHU de Lausanne, botte en touche la demande d’informations :

« En tant qu’institution universitaire, restons ouverts face à ces phénomènes même si cela ne fait pas partie de nos pratiques. Elles n’ont pas cours dans nos murs, et les soignants ne font pas appels à ces personnes. Donc merci de votre compréhension, mais nous n’avons rien de concret à apporter sur ce sujet.

Meilleures salutations

Mette Berger »

Du côté de l’association Flavie (Association Suisse Romande pour les victimes de brûlures), on reconnaît une collaboration entre hôpitaux et barreurs de feu. Selon Luis Bellaro, Responsable de projet, « les HUG à Genève, Le CHUV à Lausanne fournissent aux patients qui le souhaitent, une liste de faiseurs de secret, coupeurs de feu et de sang. »

En fait, il suffit de se pencher pour trouver des informations sur les coupeurs de feu suisses. Mieux, il y a carrément un bottin avec des centaines d’adresses répertoriées ! Les Editions Favre eurent le nez fin en publiant le travail de l’anthropologue Magali Jenny et en l’accompagnant d’un répertoire détaillé : le livre « Guérisseurs, rebouteurs et faiseurs de secrets en Suisse romande » en est à sa cinquième réédition. Selon les éditions Favre, 67000 exemplaires ont été écoulés ! Preuve que beaucoup de monde prend au sérieux ces guérisseurs.

Leur adresse postale, leur téléphone et parfois leur mail sont renseignés. Une colonne est aussi réservée à leur spécialité. « Brûlure » évidemment, mais aussi « angoisse », « dos, « eczéma », « entorses », « hémorragies », « verrues », « sciatique », « phlébite », « hémorroïdes ». Certains se spécialisent en « bétail », d’autres en « personnes perdues », « stress des examens » ou « dents pour enfants ».

Une cour des miracles qui prête à sourire.

Magali Jenny pose d’ailleurs la question franco dans son best seller :

« les guérisseurs sont-ils des charlatans ? »

 

Elle n’exclut pas les arnaqueurs, mais elle propose quelques signes pour démasquer le frimeur : le ‘vrai’ guérisseur ne demande pas de sommes d’argent exorbitantes, il ne donne pas de médicaments, n’incite jamais à rompre le dialogue avec le médecin traitant.

Et en Belgique, comment rentrer en contact avec un coupeur de feu sans bottin ? Dernier conseil de Magali pour choisir un guérisseur : « la meilleure solution à adopter pour choisir un guérisseur reste l’instinct ». Ca va être facile, tiens…

Je contacte Jean-Pierre Arnould, Administrateur délégué à la Fondation Belge des Brûlures. « Personnellement, je n’en ai jamais vu à l’œuvre. C’est plutôt décrit dans les villages. J’ai une approche cartésienne de la brûlure mais qui serais-je pour détenir la vérité ? Cela dit, j’ai travaillé pendant vingt ans dans des centres de brûlés. Il y avait un volume important  et je n’ai jamais été en présence de personnes qui avaient bénéficié de tel don. Je reste neutre par rapport à la question mais d’un point de vue éthique, il est fondamental que des solutions de ce type ne détournent pas le blessé des traitements connus et efficaces ».

Sur ce, il me file le numéro d’une amie d’ami, Monique installée à Roche-en-Famenne. Elle accueille mon appel fraichement. « Je ne transmets rien sur le modus operandi. Il est aussi secret de garder le don que de le transmettre. Si je le dévoilais, le pouvoir disparaitrait. » Via des articles de presse, je découvre qu’un pompier ardennais aurait également reçu le don. Je contacte la caserne où on me promet de rappeler (le classique du journaliste donc…)

 

Mon instinct me dit que les guérisseurs mettent beaucoup de soin…à ne pas se dévoiler. Ah mais je suis con ! Pascale évidemment ! J’ai son numéro de GSM.

Je l’appelle, lui explique. Elle est d’accord. Rendez-vous à…pardon ? Sibret ? C’est où ? Dans la province du Luxembourg. Google Maps m’apprend que les soins de Pascale ont parcouru 157 kilomètres (s’ils ont pris l’autoroute et la N4) pour couper la douleur de Mad.

Lundi 11 mars, je prends le chemin inverse.

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24 réponses à “Coupeur de feu (part 1)

  1. Bonjour,
    Bonjour,
    Je cherche desesperément les coordonnées de Pascale pour lui soumettre mon cas. Je souffre d’algie vasculaire de la face depuis 4 ans et je voudrais essayer une autre méthode.
    Pourriez-vous me recontacter ou lui donner mes coordonnées? D’avance, merci.

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  2. bonjour, pourriez vous m,aider svp ,j,ai 69 ans, femme, je souffre atrocement du syndrome des jambes sans repos ( sensations énormes de brulures) je prends beaucoup d,anti douleurs.
    merci. respectueuses salutations

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  3. Je recherche un barreur de feu pour ma fille 53 ans qui va subir prochainement radiothérapie et chimiothérapie (prise en charge Dijon, domiciliée en haute marne.
    Merci à l’avance

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  4. Je recherche le numero de Pascale pour guerir ma mere qui est a l’hopital avec pneumonie tres grave en plus elle a un cancer multiple myelome. Elle est entre la vie et la mort. Pourrait vous me transmetrre son e- mail ou son numero de telephone, svp.
    Merci à l’avance

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  5. Ma mère est sous radiothérapie après chimio – elle souffre beaucoup – quand à mon grand-frère un accident de travail l’a laissé avec une inflammation musculaire qui le fait atrocement souffrir régulièrement; Pouvez-vous me donner le numéro de Pascale s’il vous plaît ? Nous vous en serons infiniment reconnaissants. Merci – voici mon adresse : vdglola@gmail.com

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  6. Je vous remercie pour votre article, j’aime les gens qui doutent mais qui acceptent l’évidence quand évidence il y a. J’habite en Haute-Savoie, je barre le feu depuis plusieurs années, le plus souvent par téléphone. C’est un acte gratuit, dont la récompense est le soulagement que l’on peut apporter. Et l’échange. Car lorsque vous avez quelqun au téléphone plusieurs fois par semaine plusieurs semaines de suite (radiothérapie), un lien se crée et celà aussi est une récompense.
    Merci de douter et merci de croire.
    Florence

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    • Bonjour Florence,
      J’habite à Ambilly en Haute-Savoie et j’ai une amie qui ouffre terriblement d’un genou. Pensez-vous pouvoir intervenir auprès d’elle ?
      Est-il possible de me donner vos coordonnées ?
      Merci par avance.
      Sylvie

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      • Bonsoir Sylvie, je vous laisse me contacter par mail (floeidelman@gmail.com) afin de m’en dire plus sur la nature de la souffrance de votre amie, en effet je ne barre que le feu et je n’agis que sur ce qui brûle (brûlures, zona, herpès et traitement de radiothérapie) mais si je peux lui être utile n’hésitez pas. Bien à vous. Florence.

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  7. je cherche un coupeur de feu pour mon compagnon qui suit un traitement de radiothérapie depuis une semaine début le 23 février 2015 à raison de 5 jours par semaine pendant 25 séances, merci d’avance, nous habitons Paris

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      • pouvez -vous me donner vos coordonnées tel car j’ai un egzéma des mains invalidant et réfractaire à tout traitement « classique »… non seulement j’y crois, mais j’ai eu recours à qqun qui m’a débarrassée d’autres maux mais qui m’a conseillé un coupeur de feu, car il ne parvient pas à agir sur mon egzéma … j’attends votre réponse kitmacher1@msn.com

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  8. Bonjour ma mère soufre de zona mais est dans l incapacité de se déplacer pourriez vous me dire si pascale soigne a distance et pouvez vous me communiquer ses coordonnées merci d avance

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    • Moi même barreur de feu, j’explique les soins par la foi que j’ai en Dieu , en l’univers.
      Si vous le souhaitez vous pouvez le contacter au 0619150792

      Amitiés lumineuses

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